Jonathan Genet, une étoile dans le Cosmos

Jonathan Genet dans le rôle de Witold

Jonathan Genet dans le rôle de Witold ©Alfama Film 2015

Comédien de 29 ans, Jonathan Genet est à l’affiche du dernier film de Andrzej Zulawski, Cosmos, en salle depuis le 9 décembre. Après avoir passé un certain temps sur les planches de théâtre, l’acteur français joue Witold, le rôle principal de cette adaptation du roman de Witold Gombrowicz. Le comédien revient avec nous sur cette première expérience dans un long métrage pour le cinéma, et nous parle du métier.

Diplômé de la promotion 2009 du Théâtre National de Bretagne où Stanislas Nordey fut son directeur pédagogique, Jonathan Genet commence sa carrière au théâtre. Depuis 2008, il a participé à une dizaine de projets dont dernièrement Hinkemann de Ernst Toller, mis en scène par Christine Letailleur. Côté cinéma, son parcours est plus modeste avec notamment une participation au court métrage Les Chancelants de Nadine Lermite, aux côtés d’Ana Girardot.

Victoria Guerra et Jonathan Genet dans Cosmos

Victoria Guerra et Jonathan Genet dans Cosmos ©Alfama Film 2015

Assis au fond d’un bistrot parisien, Jonathan Genet m’attend en sirotant un verre. Lorsqu’il relève la tête et m’aperçoit, son regard clair et perçant allume l’esquisse d’un petit sourire. Au sujet de Zulawski, il m’avoue avoir adoré L’important c’est d’aimer, mais ne pas avoir voulu « regarder toute sa filmographie » pour partir sans trop de préjugés. Le tournage a duré 36 jours au Portugal, ce qui a permis de vivre « comme une petite famille » avec l’équipe du film.

  • « Jean-François Balmer m’a dit le premier jour : « Je pense que j’ai aussi peur que toi. » »

Insistant sur la très bonne relation entre tous les comédiens, Jonathan Genet a mis « deux ou trois jours à essayer de se comprendre » avec Andrzej Zulawski, mais ensuite une bonne entente s’est installée. Réputé difficile et exigeant, le réalisateur polonais a su adapter son langage aux personnalités différentes des acteurs. Jonathan Genet a aussi pu bénéficier du soutien de Jean-François Balmer ou Sabine Azéma, plus expérimentés, en insistant sur le rôle important de Johan Libéreau qui l’a « pris sous son aile ». Une ambiance de tournage où la compétition entre comédiens aux forts égos, parfois présente sur un film, était absente ici. La folie et l’hystérie prédominantes dans le film sont finalement restées sur le plateau, car la densité et la difficulté du texte nécessitaient une rigueur de travail. Il nous avoue d’ailleurs qu’il a « utilisé ses outils de comédien de théâtre pour apprendre tout ça ». Sa plus grande surprise après le tournage est « d’avoir été autant déplacé par un mec » en l’occurrence Andrzej Zulawski, car c’est « quelqu’un qui travaille beaucoup sur la transe ou l’instinct ».

Jean-François Balmer, Sabine Azéma et Johan Libéreau dans Cosmos

Jean-François Balmer, Sabine Azéma et Johan Libéreau dans Cosmos ©Alfama Films 2015

  • Andrzej Zulawski dans les Cahiers du Cinéma de décembre 2015 :

Jonathan Genet fait surtout du théâtre, et rarement à Paris. Je l’ai trouvé frappant et tellement différent des jeunes acteurs français, qui se ressemblent tous. Je ne le dis pas par méchanceté, c’est une volonté des metteurs en scène et des producteurs de les rendre un peu aseptisés. Lui, c’est le contraire. Et dans la vie, si vous le rencontrez le soir, c’est un fou furieux. Mais il est d’une discipline totale. Son rôle est impossible, parce qu’il est ambigu – définir ce Witold, c’est comme définir Gombrowicz, on ne peut pas -, mais il l’a abordé avec une énorme simplicité, comme si ce n’était pas un problème, alors que je sais qu’il se torturait la nuit.

Jonathan Genet, amusé et touché par cette déclaration me répond « qu’il faut être de toute façon un peu fou pour travailler avec Zulawski et se laisser emporter par lui ». Il regrette cependant de « ne pas avoir eu l’occasion de passer une soirée avec lui autour d’une bonne bouteille de vodka », mais souligne effectivement « la discipline et le travail » de l’équipe pendant le tournage.

  • « Dépendre du désir des autres est très difficile »

Concernant le métier de comédien, il parle de ce qui échappe à son contrôle et de la rapidité des gens à « projeter des choses sur toi et établir des étiquettes ». Il m’avoue son « envie de repartir sur des rôles plus terrestres » en opposition au personnage plutôt lunaire de Witold. Il veut simplement montrer que c’est un comédien ayant plusieurs couleurs dans la palette de son jeu. Il insiste aussi sur « le luxe de pouvoir raconter des histoires au gens ». Quand j’évoque les périodes avec moins de travail, il m’explique que ce « n’est pas évident » et qu’il a « des moments de doute et de remise en question » mais que c’est « plutôt sain le concernant ».

Finalement, Jonathan Genet est un comédien prometteur en quête de plus d’expérience, avec beaucoup de talent. Il symbolise les paradoxes de cette profession. Un univers qui peut être très exaltant mais aussi très déstabilisant, où la force mentale est aussi importante que la qualité du jeu pour continuer. Quelqu’un que l’on reverra surement bientôt.

Olivier Juszczak

  • Pour aller plus loin :

Le site officiel du film Cosmos de Andrzej Zulawski est ici

Cosmos sur Allocine c’est ici

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