Candy Cloud, le punk sucré

Acteur de l’événementiel parisien, Candy Cloud répand ses barbes à papa dans les soirées les plus sympas de Paris. Il est maintenant courant de voir les gens, lunettes de soleil sur le nez et baskets aux pieds, danser en tenant un nuage à la main ! Rencontre avec Yasmin, dealer de sucre.

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Yasmin ©Olivier Juszczak

Yasmin, 28 ans, le créateur de Candy Cloud, distribue des barbes à papa dans les soirées parisiennes depuis plus d’un an et demi. Tout a commencé en Bretagne, avec son association Juicytronics, lorsqu’il organisait des soirées. Les gens étaient « trop sérieux » alors « on a voulu se foutre un peu d’eux en leur offrant des barbes à papa roses ».  Et le concept est venu s’installer sur Paris.

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Ana et Yasmin sur le stand de Candy Cloud à la Bellevilloise ©Olivier Juszczak

  • « À Paris, comme tout est cher, c’est le principe de donation, pour que les gens soient autonomes dans ce qu’ils doivent payer »

Je retrouve Yasmin pour la soirée d’anniversaire des Fils de Venus à la Bellevilloise, dans le 20ème arrondissement. Si « faire la fête et rigoler » sont bien les objectifs de départ, l’arrivée à Paris a ajouté une réflexion sur le prix. Les barbes à papa de Candy Cloud s’échangent sur donation. Lorsque j’évoque ce principe, il me répond que « les gens se sentent un peu couillons parce qu’ils sont livrés à eux-mêmes ». Il y a ceux qui se posent vraiment la question sur le prix en se demandant « s’ils ont assez donné », et puis « les cons qui donnent des pièces de centimes toutes pourries ». D’ailleurs, ce sont souvent les mêmes qui « jettent leur gobelet par terre ». Le message est passé.

  • « Je choisis les organisateurs, par exemple, j’ai dit non à M6 »

Yasmin sélectionne les événements auxquels il participe afin de respecter ses valeurs. Il me dit que « des gens essayent de changer la manière de faire la fête », mais il y a ceux qui « ont compris que c’était un gros business ». En fait, il y a ceux qui le font « par amour de la fête », ceux dont « c’est le métier » et d’autres qui « montent un business ». En étant respectueux de tous les acteurs de l’événementiel à partir du moment où chacun assume son choix.

Concernant la gestion de la page Facebook de Candy Cloud, Yasmin me raconte qu’il l’utilise plus pour promouvoir les événements auxquels il participe. Il récupère juste les jolies photos que les photographes prennent sans que ça soit une demande de sa part.

  • « La Weather… Non, je déconne ! »

En évoquant les coups de cœur de Candy Cloud, Yasmin est tout de suite dithyrambique sur le Weather Festival. Plus sérieusement, il me recommande Casual Gabberz car « ils proposent autre chose que la house parisienne », les Fils de Venus pour le mélange « techno et concerts », l’Alter Paname parce que « tu ne peux pas faire plus grand dans les idées », ou encore Inverse Prod pour le côté « gratuit le dimanche à la Flèche d’Or » et Vagina Dentata pour le festival « Les Merguez Électroniques ».

  • Histoire de la barbe à papa :

En 1897, William James Morrison, dentiste, et John C. Wharton, confiseur, tous les deux originaires de Nashville, Tennessee, aux Etats-Unis, inventent une machine électrique permettant de créer un filage de sucre formant la barbe à papa. Ils présentent leur invention à l’exposition universelle de Saint-Louis, en 1904. La barbe à papa est un tout de suite un succès. Les machines actuelles sont d’ailleurs très proches du mécanisme d’origine. Elles se composent d’un baquet central qui tourne sur lui-même avec une résistance à l’intérieur, au milieu d’un cylindre pour récupérer le sucre sous forme de filaments.

  • « On part de Paris et les barbes à papa s’arrêtent »

Et oui, lorsque j’aborde les futurs projets, Yasmin me répond : « arrêter ». Il m’avoue que lui et son amie Ana partent au mois d’avril en voyage « dans la nature pour voir autre chose que Paris ». Avec une petite pointe de nostalgie, il me confit que « c’était bien, au moment ou ça fonctionne le mieux, on part dignement, avant que les gens en aient marres de nous, et de bouffer du sucre ». À la question d’un possible retour, Yasmin laisse planer un léger doute : « C’est possible… On reviendra surement… Peut-être un peu partout en France, ou voir si dans un an Paris aura évolué ».

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Le logo de Candy Cloud ©Yann Rachon

Gentil, généreux et souriant, Yasmin, avec son concept Candy Cloud, distribue avant tout du bonheur. Plus que les quelques pièces qu’il gagne en échange d’une barbe à papa, c’est le regard pétillant et émerveillé de la personne recevant la confiserie qui est réellement sa rémunération. Il ne reste plus qu’a leur souhaiter un bon voyage et continuer à distribuer des sourires sur leur chemin.

Olivier Juszczak

  • Pour aller plus loin :

La page officielle de Candy Cloud est ici

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